UE23 - Construire une histoire du handicap et de la surdité à travers les siècles
Lieu et planning
Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant
(une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) :
https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=23.
-
54 bd Raspail
54 bd Raspail 75006 Paris
Salle AS1_08
annuel / mensuel (4e), mardi 14:30-16:30
du 25 novembre 2025 au 26 mai 2026
Nombre de séances : 6
Description
Dernière modification : 21 nov. 2025 10:24:17
- Type d'UE
- Séminaires DR/CR
- Disciplines
- Histoire, Méthodes et techniques des sciences sociales
- Page web
- -
- Langues
- français lsf
- Mots-clés
- Anthropologie culturelle Anthropologie historique Archives Citoyenneté Culture Discrimination Domination Études des sciences contemporaines Handicap Langue des signes Politique Politiques publiques Pratiques Sourds
- Aires culturelles
- Afrique Amérique du Nord Amérique du Sud Amérique préhispanique Asie Chine Contemporain (anthropologie du, monde) Europe France Inde Japon Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
- Fabrice Bertin [référent·e] professeur certifié, EHESS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)
- Ninon Dubourg contrat postdoctoral, fondation Alexander von Humboldt, Université de Cologne
- Gildas Brégain chargé de recherche, CNRS
Pour la 4e année, le séminaire « Construire une histoire du handicap et de la surdité à travers les siècles » tente de répondre à un constat : les Deaf History (histoire des sourds), Disability History (histoire du handicap) et Mad History (histoire de la folie ou des troubles psychiques) ont chacune développé leurs propres réseaux scientifiques internationaux ainsi que leurs propres épistémologies avec une certaine distanciation voire cloisonnement.
L’objectif de ce séminaire est donc mettre en relation des recherches qui s’effectuent souvent en parallèle et de constituer un réseau scientifique qui dépasse les limites actuelles, en faisant converger notamment des historien·e·s qui, depuis les vingt dernières années, renouvellent les trois champs de recherche par des approches, des méthodes et des objets nouveaux. Les communautés scientifiques s’intéressant à l’histoire du handicap, de la surdité et des troubles psychiques de l’espace francophone se sont plutôt construites autour des thématiques (cécité, surdité, psychiatrie) ou des périodes historiques et des aires culturelles précises (histoire du handicap du XXe siècle, ou dans l’Europe médiévale). À l’époque contemporaine ces communautés de recherche ont pris des chemins divergents. Du côté de la surdité, l’historiographie a fondé ses approches sur une conception socio-anthropologique des sourds et de la langue des signes en laissant le concept de surdité rivé à une histoire médicale de la déficience ou tout au moins, à une histoire de catégories technico-institutionnelles et à sa critique. Du côté de l’histoire du handicap, une partie de la recherche s’est centrée sur l’histoire institutionnelle du handicap et sur les politiques publiques de sa prise en charge.
Si les histoires du handicap et de la surdité s’entremêlent au cours de l’époque contemporaine (l’origine de l’éducation des sourds et des aveugles remonte au XVIIIe siècle, les sourds luttent d’ailleurs aux côtés des aveugles pour conquérir le droit à une éducation gratuite, laïque et obligatoire au cours des années 1930), les historiographies de l’une et de l’autre ne se croisent que rarement. Les thématiques centrales divergent selon les époques : les chercheurs intéressé·e·s par les époques médiévale et moderne prêtent un intérêt considérable au poids de la religion, ce qui n’est pas le cas pour l’époque contemporaine. La littérature historique sur la période contemporaine a évolué d’un intérêt pour les politiques publiques, pour l’action des institutions éducatives ou associatives ou pour les trajectoires biographiques (des grands personnages historiques comme les médecins ou les éducateurs), vers des approches transnationales ou davantage biographiques, ou vers des approches plus intersectorielles, prenant en compte le genre ou la race. Quelques travaux historiques commencent à intégrer le paradigme intersectionnel dans leurs recherches, où le « handicap » est conceptualisé comme l’une des multiples caractéristiques identitaires de l’individu. Dans le champ de la Mad History, l’historiographie s’est intéressée récemment aux alternatives thérapeutiques à l’institutionnalisation, aux trajectoires de vie des personnes concernées, et aux relations entre les institutions et les familles.
Un ouvrage collectif, fruit de ce séminaire, est prévu au premier semestre 2026 aux Presses Universitaires de Rennes mais nous souhaitons poursuivre l’élan des 4 années universitaires précédentes, et achever un cycle.
Mardi 25 novembre 2025 : Catherine Wermester (maîtresse de conférences "Histoire de l'art contemporain", Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « Les représentations des mutilés de guerre en Allemagne »
De 1914 à la fin de la République de Weimar, les représentations de mutilés forment en Allemagne un corpus important, sans équivalent ailleurs en Europe. Alors que ces vétérans bénéficient d'une protection sociale précoce et d'un programme très médiatisé de réinsertion par la prothèse fonctionnelle, c'est en mendiants dotés d'antiques pilons et béquilles qu'ils sont le plus souvent montrés dans une presse satirique de grande diffusion. Ces images (au sens large que les visual studies donnent à ce terme), rapprochées, confrontées, opposées, révèlent la richesse, mais aussi l'ambivalence fondamentale de la manière de traiter ce sujet qui constitue lui-même comme une plaie vivante dans la conscience politique de l'époque.
Mardi 27 janvier 2026 : Emmanuelle Berthiaud (maîtresse de conférences en histoire moderne, université de Picardie (UR 4289 CHSSC) et membre associée du Centre Roland Mousnier (Sorbonne Université). Elle est spécialiste de l’histoire du corps et du genre, notamment sous l’angle de l’histoire de la sensibilité) et Audrey Duru (professeure de littérature française du XVIe siècle, université de Picardie (UR 4284 Trame). Elle est spécialiste de poésie religieuse ; ses travaux confrontent littérature et culture sensorielle), « Expériences sourdes, du XVe siècle au début du XVIIIe siècle : sondages et premiers résultats ".
Cette intervention présente un chantier collectif engagé en 2023. Il a donné lieu à une première publication dans la Revue du nord au printemps 2025 et à un colloque en septembre 2025. La séance permettra de revenir sur la possibilité d'une histoire sourde en France pour cette période, ainsi que sur les démarches mises en place. Nous présenterons ensuite deux chantiers : un retour sur Étienne de Fay (vers 1665-1746) à partir de l'histoire sensorielle ; l'exploration des traces laissées par l'usage des signes, bien avant l’institutionnalisation de la LSF, dans différents écrits de la Renaissance.
Daniel Marques Costa (doctorant en sciences de l’éducation à l’Université fédérale d’Espírito Santo (Brésil), membre du groupe de recherche interinstitutionnel sur la langue des signes brésilienne et l’éducation des sourds, GIPLES)
État des lieux d'une recherche doctorale qui s’inscrit dans la perspective foucaldienne de l’histoire et du discours, rompant avec les récits linéaires et cumulatifs qui ont traditionnellement façonné la mémoire du Congrès de Milan. Au lieu de réaffirmer des vérités qui confortent une version unique des faits, l'étude s'intéresse aux marges, aux discontinuités, aux jeux de pouvoir et aux régimes de vérité qui ont permis à certains discours de s'exprimer tandis que d'autres étaient réduits au silence.
L’étude vise à analyser les pratiques discursives de quatre personnes sourdes ayant participé au Congrès international de Milan en 1880 : Claudius Forestier (1810-1891) et Joseph Nicolas Théobald (1839-1892), Français ; James Denison (1837-1910), Américain ; et Felice Carbonera (1819-1881), Italien.
Mardi 24 février 2026 : Jean-Marie Villela (docteur en histoire contemporaine), « Une discrimination dans la discrimination ? Penser la distinction entre handicap physique et handicap mental dans la construction sociale du handicap du XIXe siècle à nos jours »
Cette intervention s’intéresse à la distinction entre « handicap physique », moteur et sensoriel, et « handicap mental », ou psychique, et de son influence sur la construction des politiques publiques françaises, depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours en les resituant également dans le contexte international des politiques et pratiques en la matière (Angleterre, États-Unis, Allemagne). Loin d’être neutre, cette différenciation a pu structurer durablement les perceptions et les représentations du handicap, en produisant une hiérarchisation implicite entre des formes visibles, de plus en plus « réparables » ou surmontables associées au handicap physique, et d'autres considérées comme plus « dérangeantes », indéfinissables ou indirectement perceptibles – associées à la déficience mentale et psychique.
À travers une relecture des principales étapes législatives, des pratiques éducatives et médicales, et des institutions spécialisées, cette communication met en lumière les effets de cette dichotomie sur la construction sociale du handicap.
Dans un contexte où la notion de handicap tend aujourd’hui à se diluer dans la notion problématique d’inclusion des personnes vulnérables, ce retour sur l’histoire de cette distinction est utile pour interroger la persistance de clivages, implicites ou explicites, dans les représentations sociales et les politiques contemporaines.
Mardi 24 mars 2026 : Soline Vennetier (docteur en histoire), « Faire l’histoire des sourdaveugles : questions, archives et méthodes »
À partir d’une recherche doctorale consacrée à l’histoire contemporaine de la surdicécité et des sourdaveugles, cette présentation explore la question de l’histoire des sourdaveugles à travers un triple prisme. En premier lieu, elle retrace l’histoire de cette histoire, les manières dont elle a été approchée depuis l’émergence des premières curiosités et enquêtes historiques au tournant du XXe siècle jusqu’à ses premiers pas auprès des historien-nes universitaires au début du XXIe siècle et montre les conditions historiques et sociales de production de cette écriture. En second lieu, en réfléchissant à ses caractéristiques, ses sources et ses méthodes, la présentation propose d’aborder les spécificités éventuelles d’une telle histoire envisagée comme un champ émergent de recherches. Enfin, elle examine les connexions mises en évidence, au cours de ma recherche doctorale, entre l’histoire des sourdaveugles et l’histoire plus large du handicap et propose d’échanger autour de pistes de recherche à venir.
Mardi 26 mai 2026 : Diane Kolin (docteur en musicologie, York University, Toronto, Canada), « Archives de musicologie historique : musiciens aveugles et sourds en Europe, de la période médiévale à la période classique »
Dans le domaine de la musicologie historique, peu de textes académiques regroupent en un seul volume les archives de musiciens handicapés des périodes antérieures au classicisme.
À l’époque médiévale, les aveugles ayant accès aux formations musicales données par les parents ou les églises pouvaient en faire leur métier, formant à leur tour des musiciens qui ont conté les récits de leurs professeurs. On trouve également trace de musiciens devenus progressivement sourds et qui ont continué à vivre de leur métier à l’ère classique.
Comment les formations musicales de l’époque médiévales ont-elles évoluées ? Comment l’ouverture des institutions spécialisées a-t-elle transformé les pratiques musicales à l’ère médiévale et à la renaissance ? Quelles techniques de compositions et de pratiques musicales ont été mises en place par les professionnels de la musique atteints de cécité ? Quand trouve-t-on des traces des premiers musiciens et compositeurs sourds ?
Cette présentation ouvre les portes des archives des époques médiévale, baroque, romantique et classique sur les traces de ces musiciens aveugles et sourds qui ont laissé leurs marques.
Mercredi 24 juin 2026 (auditorium 150, Centre de colloques, Campus Condorcet)
Master
Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.
Renseignements
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
Séminaire hybride
- Direction de travaux des étudiants
sur rdv
- Réception des candidats
sur rdv
- Pré-requis
aucun
Dernière modification : 21 nov. 2025 10:24:17
- Type d'UE
- Séminaires DR/CR
- Disciplines
- Histoire, Méthodes et techniques des sciences sociales
- Page web
- -
- Langues
- français lsf
- Mots-clés
- Anthropologie culturelle Anthropologie historique Archives Citoyenneté Culture Discrimination Domination Études des sciences contemporaines Handicap Langue des signes Politique Politiques publiques Pratiques Sourds
- Aires culturelles
- Afrique Amérique du Nord Amérique du Sud Amérique préhispanique Asie Chine Contemporain (anthropologie du, monde) Europe France Inde Japon Transnational/transfrontières
Intervenant·e·s
- Fabrice Bertin [référent·e] professeur certifié, EHESS / Centre d'étude des mouvements sociaux (CEMS)
- Ninon Dubourg contrat postdoctoral, fondation Alexander von Humboldt, Université de Cologne
- Gildas Brégain chargé de recherche, CNRS
Pour la 4e année, le séminaire « Construire une histoire du handicap et de la surdité à travers les siècles » tente de répondre à un constat : les Deaf History (histoire des sourds), Disability History (histoire du handicap) et Mad History (histoire de la folie ou des troubles psychiques) ont chacune développé leurs propres réseaux scientifiques internationaux ainsi que leurs propres épistémologies avec une certaine distanciation voire cloisonnement.
L’objectif de ce séminaire est donc mettre en relation des recherches qui s’effectuent souvent en parallèle et de constituer un réseau scientifique qui dépasse les limites actuelles, en faisant converger notamment des historien·e·s qui, depuis les vingt dernières années, renouvellent les trois champs de recherche par des approches, des méthodes et des objets nouveaux. Les communautés scientifiques s’intéressant à l’histoire du handicap, de la surdité et des troubles psychiques de l’espace francophone se sont plutôt construites autour des thématiques (cécité, surdité, psychiatrie) ou des périodes historiques et des aires culturelles précises (histoire du handicap du XXe siècle, ou dans l’Europe médiévale). À l’époque contemporaine ces communautés de recherche ont pris des chemins divergents. Du côté de la surdité, l’historiographie a fondé ses approches sur une conception socio-anthropologique des sourds et de la langue des signes en laissant le concept de surdité rivé à une histoire médicale de la déficience ou tout au moins, à une histoire de catégories technico-institutionnelles et à sa critique. Du côté de l’histoire du handicap, une partie de la recherche s’est centrée sur l’histoire institutionnelle du handicap et sur les politiques publiques de sa prise en charge.
Si les histoires du handicap et de la surdité s’entremêlent au cours de l’époque contemporaine (l’origine de l’éducation des sourds et des aveugles remonte au XVIIIe siècle, les sourds luttent d’ailleurs aux côtés des aveugles pour conquérir le droit à une éducation gratuite, laïque et obligatoire au cours des années 1930), les historiographies de l’une et de l’autre ne se croisent que rarement. Les thématiques centrales divergent selon les époques : les chercheurs intéressé·e·s par les époques médiévale et moderne prêtent un intérêt considérable au poids de la religion, ce qui n’est pas le cas pour l’époque contemporaine. La littérature historique sur la période contemporaine a évolué d’un intérêt pour les politiques publiques, pour l’action des institutions éducatives ou associatives ou pour les trajectoires biographiques (des grands personnages historiques comme les médecins ou les éducateurs), vers des approches transnationales ou davantage biographiques, ou vers des approches plus intersectorielles, prenant en compte le genre ou la race. Quelques travaux historiques commencent à intégrer le paradigme intersectionnel dans leurs recherches, où le « handicap » est conceptualisé comme l’une des multiples caractéristiques identitaires de l’individu. Dans le champ de la Mad History, l’historiographie s’est intéressée récemment aux alternatives thérapeutiques à l’institutionnalisation, aux trajectoires de vie des personnes concernées, et aux relations entre les institutions et les familles.
Un ouvrage collectif, fruit de ce séminaire, est prévu au premier semestre 2026 aux Presses Universitaires de Rennes mais nous souhaitons poursuivre l’élan des 4 années universitaires précédentes, et achever un cycle.
Mardi 25 novembre 2025 : Catherine Wermester (maîtresse de conférences "Histoire de l'art contemporain", Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « Les représentations des mutilés de guerre en Allemagne »
De 1914 à la fin de la République de Weimar, les représentations de mutilés forment en Allemagne un corpus important, sans équivalent ailleurs en Europe. Alors que ces vétérans bénéficient d'une protection sociale précoce et d'un programme très médiatisé de réinsertion par la prothèse fonctionnelle, c'est en mendiants dotés d'antiques pilons et béquilles qu'ils sont le plus souvent montrés dans une presse satirique de grande diffusion. Ces images (au sens large que les visual studies donnent à ce terme), rapprochées, confrontées, opposées, révèlent la richesse, mais aussi l'ambivalence fondamentale de la manière de traiter ce sujet qui constitue lui-même comme une plaie vivante dans la conscience politique de l'époque.
Mardi 27 janvier 2026 : Emmanuelle Berthiaud (maîtresse de conférences en histoire moderne, université de Picardie (UR 4289 CHSSC) et membre associée du Centre Roland Mousnier (Sorbonne Université). Elle est spécialiste de l’histoire du corps et du genre, notamment sous l’angle de l’histoire de la sensibilité) et Audrey Duru (professeure de littérature française du XVIe siècle, université de Picardie (UR 4284 Trame). Elle est spécialiste de poésie religieuse ; ses travaux confrontent littérature et culture sensorielle), « Expériences sourdes, du XVe siècle au début du XVIIIe siècle : sondages et premiers résultats ".
Cette intervention présente un chantier collectif engagé en 2023. Il a donné lieu à une première publication dans la Revue du nord au printemps 2025 et à un colloque en septembre 2025. La séance permettra de revenir sur la possibilité d'une histoire sourde en France pour cette période, ainsi que sur les démarches mises en place. Nous présenterons ensuite deux chantiers : un retour sur Étienne de Fay (vers 1665-1746) à partir de l'histoire sensorielle ; l'exploration des traces laissées par l'usage des signes, bien avant l’institutionnalisation de la LSF, dans différents écrits de la Renaissance.
Daniel Marques Costa (doctorant en sciences de l’éducation à l’Université fédérale d’Espírito Santo (Brésil), membre du groupe de recherche interinstitutionnel sur la langue des signes brésilienne et l’éducation des sourds, GIPLES)
État des lieux d'une recherche doctorale qui s’inscrit dans la perspective foucaldienne de l’histoire et du discours, rompant avec les récits linéaires et cumulatifs qui ont traditionnellement façonné la mémoire du Congrès de Milan. Au lieu de réaffirmer des vérités qui confortent une version unique des faits, l'étude s'intéresse aux marges, aux discontinuités, aux jeux de pouvoir et aux régimes de vérité qui ont permis à certains discours de s'exprimer tandis que d'autres étaient réduits au silence.
L’étude vise à analyser les pratiques discursives de quatre personnes sourdes ayant participé au Congrès international de Milan en 1880 : Claudius Forestier (1810-1891) et Joseph Nicolas Théobald (1839-1892), Français ; James Denison (1837-1910), Américain ; et Felice Carbonera (1819-1881), Italien.
Mardi 24 février 2026 : Jean-Marie Villela (docteur en histoire contemporaine), « Une discrimination dans la discrimination ? Penser la distinction entre handicap physique et handicap mental dans la construction sociale du handicap du XIXe siècle à nos jours »
Cette intervention s’intéresse à la distinction entre « handicap physique », moteur et sensoriel, et « handicap mental », ou psychique, et de son influence sur la construction des politiques publiques françaises, depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours en les resituant également dans le contexte international des politiques et pratiques en la matière (Angleterre, États-Unis, Allemagne). Loin d’être neutre, cette différenciation a pu structurer durablement les perceptions et les représentations du handicap, en produisant une hiérarchisation implicite entre des formes visibles, de plus en plus « réparables » ou surmontables associées au handicap physique, et d'autres considérées comme plus « dérangeantes », indéfinissables ou indirectement perceptibles – associées à la déficience mentale et psychique.
À travers une relecture des principales étapes législatives, des pratiques éducatives et médicales, et des institutions spécialisées, cette communication met en lumière les effets de cette dichotomie sur la construction sociale du handicap.
Dans un contexte où la notion de handicap tend aujourd’hui à se diluer dans la notion problématique d’inclusion des personnes vulnérables, ce retour sur l’histoire de cette distinction est utile pour interroger la persistance de clivages, implicites ou explicites, dans les représentations sociales et les politiques contemporaines.
Mardi 24 mars 2026 : Soline Vennetier (docteur en histoire), « Faire l’histoire des sourdaveugles : questions, archives et méthodes »
À partir d’une recherche doctorale consacrée à l’histoire contemporaine de la surdicécité et des sourdaveugles, cette présentation explore la question de l’histoire des sourdaveugles à travers un triple prisme. En premier lieu, elle retrace l’histoire de cette histoire, les manières dont elle a été approchée depuis l’émergence des premières curiosités et enquêtes historiques au tournant du XXe siècle jusqu’à ses premiers pas auprès des historien-nes universitaires au début du XXIe siècle et montre les conditions historiques et sociales de production de cette écriture. En second lieu, en réfléchissant à ses caractéristiques, ses sources et ses méthodes, la présentation propose d’aborder les spécificités éventuelles d’une telle histoire envisagée comme un champ émergent de recherches. Enfin, elle examine les connexions mises en évidence, au cours de ma recherche doctorale, entre l’histoire des sourdaveugles et l’histoire plus large du handicap et propose d’échanger autour de pistes de recherche à venir.
Mardi 26 mai 2026 : Diane Kolin (docteur en musicologie, York University, Toronto, Canada), « Archives de musicologie historique : musiciens aveugles et sourds en Europe, de la période médiévale à la période classique »
Dans le domaine de la musicologie historique, peu de textes académiques regroupent en un seul volume les archives de musiciens handicapés des périodes antérieures au classicisme.
À l’époque médiévale, les aveugles ayant accès aux formations musicales données par les parents ou les églises pouvaient en faire leur métier, formant à leur tour des musiciens qui ont conté les récits de leurs professeurs. On trouve également trace de musiciens devenus progressivement sourds et qui ont continué à vivre de leur métier à l’ère classique.
Comment les formations musicales de l’époque médiévales ont-elles évoluées ? Comment l’ouverture des institutions spécialisées a-t-elle transformé les pratiques musicales à l’ère médiévale et à la renaissance ? Quelles techniques de compositions et de pratiques musicales ont été mises en place par les professionnels de la musique atteints de cécité ? Quand trouve-t-on des traces des premiers musiciens et compositeurs sourds ?
Cette présentation ouvre les portes des archives des époques médiévale, baroque, romantique et classique sur les traces de ces musiciens aveugles et sourds qui ont laissé leurs marques.
Mercredi 24 juin 2026 (auditorium 150, Centre de colloques, Campus Condorcet)
Cette UE n'est rattachée à aucune formation de master.
- Contacts additionnels
- -
- Informations pratiques
Séminaire hybride
- Direction de travaux des étudiants
sur rdv
- Réception des candidats
sur rdv
- Pré-requis
aucun
Attention !
Vous ne pourrez pas accéder à ce séminaire sans avoir préalablement déposé une demande via le lien suivant
(une demande est nécessaire pour chaque séminaire auquel vous souhaitez participer, merci de déposer la demande au plus tard 72 heures avant le début de la première séance) :
https://participations.ehess.fr/demandes/__nouvelle__?seminaire=23.
-
54 bd Raspail
54 bd Raspail 75006 Paris
Salle AS1_08
annuel / mensuel (4e), mardi 14:30-16:30
du 25 novembre 2025 au 26 mai 2026
Nombre de séances : 6